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Maryse ADAMS Quelques photos d'une rotation Joburg Libreville, avec un équipage UTA et mon amie du lycée et de toujours Elizabeth Tshan-Wolf, que je suis allée voir souvent à Tahiti, où j'ai rencontré d'autres navigants UTA. Donc UTA et moi c'est aussi une histoire, j'ai été la première volontaire Air France pour voler sur LC5, je me suis précipitée même, enfant d'Afrique je ne rêvais que de ça! Et dans mes briefings, je commençais toujours par dire à quel point j'étais enchantée et fière d'être parmi les navigants d'UTA...j'aurais voulu que cela ne s'arrête pas, j'étais étonnée par la qualité du service, la classe des PNC. Magnifique qualité du produit, du vrai café délicieux dans des thermos géants, des vraies couvertures, tout vrai quoi...Les équipages m'ont chouchoutée, vraiment adorables, ils installaient la table, avec une nappe, on mangeait assis...au début, je ne mettais qu'une fesse, genre gênée, pas habituée à manger assise à table, et puis les pax trouvant ça très normal et nous souhaitant "bon ap" je m'y suis très vite faite! |
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Alors, bien sûr, pour mes jeunes PNC chéris (oui, j'ai de
l'affection pour tous les jeunes que je vois dans les avions, les autres pas
jeunes aussi d'ailleurs!), je me mets à la tâche, et comme je le lui ai dit, ce
sont les souvenirs de la lutte des autres, et des émotions personnelles...Car
le sujet que je connais le mieux, dans le genre inégalité, c'est le
licenciement que pratiquait Air France jusqu'en 1969 à l'égard des femmes
navigantes quand elles arrivaient à la date fatidique de leur 40eme
anniversaire; on peut dire que j'ai pris tous les risques, jeune hôtesse, contre
cette injustice (embauchée en Novembre 1966)... Pierre Barbier, celui qui a crée le premier syndicat de
l'aviation civile, le SNPNC, steward à Air France, à la fin des années 50 tombe
amoureux d'une belle hôtesse de l'air, une collègue... A l'époque une femme PNC
avait un futur limité dans le temps et l'action... A 40 ans donc on la virait,
elle n'était plus assez belle, la fesse pas assez ferme ou la ride sournoise
tuant son "charme féminin", bref, pour toutes ces mauvaises
raisons qui me mettent en transes rageuses rien que quand je les écris, 50 ans
plus tard, c'était Incroyable, hein les filles? Pas tant que ça, si je songe
que ma mère, qui pendant 39-45, sous l'occupation Allemande à Paris, s'est
débrouillée toute seule pour tenir une petite pharmacie, nourrir sa petite
famille et n'a eu le droit de vote qu'en 1945... Alors Pierre Barbier se marrie en 1959, sa femme est
licenciée, et il intente un procès à Et, quand le décret d'application fut publié, les hôtesses
de l'air Françaises eurent, enfin, le droit de travailler et d'aimer en même
temps...Pas trop longtemps quand même, à 40 ans exit vers le rien! Je garde un souvenir vivant et chaleureux de Pierre
Barbier, un grand orateur, un perfectionniste, un fou de travail, un homme
d'une grande complexité, une grande intelligence, et vibrant de passion,
de courage (c'était un "sanguin-renard" plein de diverses compétences
et talents). Il en fallait du courage à l'époque pour résister et se
battre, quand le joug de la hiérarchie et de la direction ressemblait à
une férule sans recours, c'était un vrai dictat, celui de la génération qui
avait vécu la deuxième guerre mondiale (et la première aussi pour beaucoup!),
on avait à peine le droit de respirer! Il a fallu Mai 68 dans l'entreprise pour
desserrer l'étau, comme dans toute ... travail égal, conditions égales, un seul règlement
pour tous, droits égaux, retraites, le CSS (tout le temps attaqué), les
salaires aléatoires, la totale précarité des saisonniers qui pouvaient faire 5
années de saison sans être intégrés après, les PNC embauchés dans des
conditions misérables basés à l'étranger, la multiplicité des contrats, la
pension de réversion femmes-hommes etc. etc. etc., la bataille a continué,
on dirait qu'elle continue toujours... Et Pierre Barbier a été un
acteur prépondérant dans cette lutte au long cours, comme un socle, son
"jugement de 60" en est une des preuves! Chapeau Pierre
Barbier, même à la retraite je profite de son action... Rien n'est jamais acquis, alors haut les coeurs les jeunes
PNC, continuez le combat! Je pense avec un vrai chagrin, qu'à l'heure où j'écris ces
lignes sans prétention, il n'y a toujours pas l'ombre d'une crèche d'entreprise
à Air France, fonctionnant 24/24 pour toutes ces femmes, ces milliers de femmes
en horaires décalés (PN-PS même combat), travaillant la
nuit-le-jour-à-pas-d'heures, et qui ont des petits, qui comme moi, en ont bavé,
en bavent, jusqu'à un point que l'on ne peut pas imaginer en souffrance, grande
souffrance. Ce fut mon échec (une vraie blessure), et pourtant, vraiment, j'ai
essayé de faire ce que je pouvais pendant toutes les années où j'ai été
déléguée, las...pas de crèche, même en 2007, rien. Alors, les filles d'Air France (UTA, Air Inter!), mes
petites soeurs, levez vous, enchaînez vous, faites la grève de la faim, et
gagnez les crèches !!!! Je viendrai m'enchaîner avec vous, et je jeûnerai,
vieux témoignage toujours vivant de cette indignité qui dure depuis la création
de l'entreprise Air France, en 1933, je promets! Galerie générée par XnView |